Personne n’aime parler d’assurance emprunteur, jusqu’au jour où la facture pèse. Cette couverture, imposée par la banque pour tout crédit immobilier, veille à ce que les échéances soient réglées en cas de décès, d’invalidité ou d’incapacité de travail. Pourtant, rares sont ceux qui s’attardent sur la possibilité de résilier ce contrat, souvent jugé trop cher ou trop rigide. Voici ce qu’il faut savoir pour reprendre la main sur votre assurance emprunteur, sans faux pas.
Pourquoi mettre fin à son assurance crédit ?
Les raisons de rompre avec son assurance crédit immobilier ne manquent pas. Certains cherchent à alléger la note mensuelle, d’autres souhaitent coller à une nouvelle réalité personnelle ou obtenir des garanties plus fiables. Dans tous les cas, l’assurance emprunteur pèse lourd dans le coût global du crédit. Chercher mieux, ce n’est pas un caprice : c’est souvent une opération gagnante.
Beaucoup de souscripteurs ignorent qu’il est possible d’opter pour une assurance individuelle, taillée sur mesure. Contrairement aux contrats de groupe proposés par les banques, qui mutualisent les risques, une assurance individuelle permet de choisir des options plus adaptées à sa situation. À la clé : cotisations souvent revues à la baisse et garanties personnalisées. Choisir un autre assureur, c’est parfois sortir du moule et, au bout du compte, faire baisser la facture.
Les démarches pour annuler son assurance emprunteur
La loi Hamon, en 2014, a ouvert la porte à la résiliation du contrat d’assurance dans l’année suivant la signature de l’offre de prêt. Ce droit, prolongé par l’amendement Bourquin en 2018, permet désormais de changer d’assurance à chaque date anniversaire du contrat, à condition d’opter pour une couverture équivalente. Le principe est limpide : si le nouveau contrat offre les mêmes garanties que celui de la banque, celle-ci ne peut pas s’y opposer.
Le processus s’effectue par lettre recommandée avec accusé de réception, adressée à l’assureur dans le respect du délai de préavis. Une règle reste non négociable : le nouveau contrat doit prendre effet au moment même où l’ancien s’arrête. Sans couverture, la banque peut exiger la souscription immédiate d’une nouvelle assurance ou, pire, réclamer le remboursement total et immédiat du prêt. Si un incident survient dans cet intervalle, la responsabilité financière retombe sur l’emprunteur.
Choisir une nouvelle assurance emprunteur : mode d’emploi
Rompre avec son assurance actuelle, c’est s’engager à en trouver une nouvelle. Aucun établissement financier ne prêtera sans assurance, peu importe ce que dit la loi : dans les faits, il est impossible d’échapper à cette exigence. Si un accident, une maladie ou la perte d’un emploi vous empêche un jour de payer, l’assureur prend le relais. Reste à dénicher la bonne formule.
Première étape : comparer les offres. Bien sûr, il est possible de contacter chaque compagnie d’assurance une à une, mais on y perd vite du temps et de l’énergie. La plupart des emprunteurs préfèrent déléguer cette mission à un courtier en crédit immobilier. Son expertise et son réseau permettent de cibler rapidement les meilleurs contrats. Attendre les propositions devient alors une simple formalité.
Vient ensuite le moment de définir les modalités de la couverture, surtout si le crédit est souscrit à deux. Faut-il choisir une assurance crédit immobilier 100 sur chaque tête ou répartir la quotité autrement ? Si les deux emprunteurs présentent le même profil, une répartition à 50 % sur chacun peut suffire. En cas de situations différentes, mieux vaut ajuster : 60-40 ou 70-30, selon les revenus ou la stabilité professionnelle. Miser tout sur une seule personne laisse l’autre sans filet : mieux vaut l’éviter. Avec deux garanties à 100 %, la sécurité est maximale.
Avant de signer ailleurs, envisager une renégociation avec votre assureur actuel peut valoir le détour. Si cela ne débouche sur rien, il faudra fournir au nouvel assureur toutes les informations concernant votre crédit : montant, taux d’intérêt, durée initiale et durée restante. L’assurance emprunteur accompagne le prêt tout au long de sa vie ; ces données sont incontournables.
- le montant initial du prêt
- le taux d’intérêt
- la durée initiale
- la durée restante
Un passage obligé suit : remplir un nouveau questionnaire de santé. Entre l’obtention du prêt et aujourd’hui, le risque peut avoir évolué. Ce questionnaire, composé de 14 points, passe au crible : poids, taille, habitudes tabagiques, consommation d’alcool, éventuelles pathologies graves ou chroniques, pratique de sports à risques, arrêts de travail antérieurs… Tout y passe, car c’est ce qui détermine désormais votre profil de risque.
Si votre état de santé s’est détérioré, mieux vaut ne pas toucher à l’assurance actuelle : les offres risquent d’être moins favorables, voire inexistantes. Dans certains cas, seule la convention AERAS permet d’obtenir une couverture, mais la banque peut tout simplement refuser la nouvelle proposition si elle la juge insuffisante.
Rien n’empêche de demander plusieurs devis, sans engagement. Vous saurez ainsi à quoi vous attendre en termes de conditions et de tarifs. Mais pour s’éviter une comparaison fastidieuse, confier la recherche à un courtier reste souvent la meilleure option. Il prendra en charge les démarches, présentera les offres triées sur le volet et vous évitera des heures de paperasse.
Changer d’assurance emprunteur, c’est reprendre le contrôle sur une dépense qui n’a rien d’anodin. C’est aussi, parfois, la première étape pour alléger son budget sans rogner sur la sécurité. Une manœuvre qui, bien menée, peut transformer l’obligation en opportunité.

